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Cystite récidivante

Qu’est-ce qu’une cystite infectieuse ?​

Comment se manifeste-t-elle ?
La cystite aiguë, liée à une infection urinaire localisée au niveau de la vessie, se manifeste par des brûlures ou des douleurs lors de la miction, une sensation de poids dans le bas du ventre ou des besoins fréquents et urgents d’uriner. Les urines sont troubles et ont une odeur inhabituelle, mais il n’y a pas de signes généraux (fièvre), ni de douleurs lombaires qui pourraient être le signe d’une infection localisée au niveau rénal (pyélonéphrite)(1). Des traces de sang peuvent être présentes dans les urines dans 30% des cas(2). La cystite infectieuse isolée et non compliquée est sans gravité et les symptômes disparaissent en 2 à 3 jours grâce à un traitement antibiotique(3).
À quoi est-elle due ?
En cas de cystite infectieuse, le développement de bactéries est à l’origine d’une infection urinaire qui provoque une réaction inflammatoire et l’apparition des symptômes. Ces bactéries répondent dans 90% des cas au doux nom d’Escherichia coli, même si d’autres germes sont parfois impliqués. Présentes dans le côlon et le rectum, elles peuvent rejoindre l’urètre (le conduit urinaire qui sert à l’évacuation de l’urine) par les voies naturelles, remonter jusqu’à la vessie et s’y multiplier lorsque les conditions sont favorables. Les cystites infectieuses sont beaucoup plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes du fait de la plus faible longueur de l’urètre. Une femme sur deux est confrontée à un ou plusieurs épisodes au cours de sa vie(1,4).
Les facteurs favorisant la survenue d’infections urinaires
Chez les femmes, outre la plus faible longueur de l’urètre qui facilite la remontée des germes dans la vessie, plusieurs facteurs favorisent la survenue d’infections urinaires : les rapports sexuels, en particulier en cas d’usage de spermicide, les descentes d’organes*, l’incontinence urinaire, la ménopause ou encore la grossesse. Chez l’homme âgé, différentes maladies gênant la vidange urinaire peuvent aussi favoriser leur survenue, comme un adénome ou un cancer de la prostate.
Chez l’homme comme chez la femme, diverses situations favorisant une évacuation incomplète des urines sont propices au développement d’une cystite infectieuse : des malformations de l’appareil urogénital, des calculs rénaux, certaines maladies comme la sclérose en plaques ou le diabète, ou encore la prise de certains médicaments. Des facteurs génétiques peuvent également entrer en jeu(1,4).
* Descente d’organes ou prolapsus génital et urinaire : ce phénomène se produit lorsque les muscles et ligaments qui soutiennent les organes de la cavité pelvienne (utérus, vessie, rectum) perdent progressivement de leur tonicité et se relâchent. Ces organes descendent alors dans la cavité pelvienne.
Pourquoi la cystite infectieuse a-t-elle tendance à récidiver ?
Les récidives sont fréquentes. Vingt pour cent des femmes concernées par un premier épisode en connaîtront un deuxième et 30% d’entre elles seront confrontées à un troisième épisode. Le terme de cystite récidivante correspond à la survenue d’au moins quatre épisodes par an(3,4). Ce type de cystite concerne un quart des femmes ayant eu une cystite aiguë(5). Il peut s’expliquer par la résistance de la bactérie impliquée aux antibiotiques utilisés. Mais d’autres causes sont également possibles. Un réservoir bactérien peut en effet être entretenu par une anomalie anatomique ou un dysfonctionnement des voies urinaires, ou encore par un calcul gênant l’évacuation de l’urine. Il n’est pas rare qu’un foyer bactérien gynécologique soit retrouvé(4).

À qui s’adresser ?

Le médecin traitant en première ligne
La confirmation d’une cystite simple (non compliquée) peut être faite au cabinet du médecin par l’utilisation de bandelettes urinaires. Un examen cytobactériologique des urines peut venir compléter ce premier test en cas de mauvaise réponse au traitement ou de cystite récidivante, afin de vérifier la sensibilité du germe à l’antibiotique utilisé d’emblée de manière empirique(3,4).
Un traitement antibiotique anticipé pour les cystites récidivantes
Le traitement étant plus efficace lorsqu’il est pris dès l’apparition des premiers symptômes, le médecin peut être amené à prescrire un traitement antibiotique à l’avance en demandant à la patiente de confirmer l’infection par bandelette lors de la survenue des symptômes et de prendre l’antibiotique si l’infection est avérée. Cette situation nécessite cependant une réévaluation régulière (1 à 2 fois par an) pour adapter le traitement si nécessaire(3,4).
Une prise en charge multidisciplinaire en cas de facteurs de risque de complication
Cependant, si les récidives se poursuivent malgré un traitement reconnu par les analyses bactériologiques comme efficace, d’autres causes doivent être recherchées, nécessitant parfois un bilan radiographique ou par endoscopie(4). C’est également le cas en présence de facteurs de risque de complication connus : anomalies anatomiques ou fonctionnelles des voies urinaires (reflux, calcul, tumeur, gestes invasifs récents dans la région pelvienne), le fait d’être un homme et de présenter ce type d’anomalies, grossesse, patient âgé ou fragile, immunodépression grave, insuffisance rénale chronique sévère. Dans ces situations et selon les patients, la prise en charge doit être pluridisciplinaire et associer les compétences d’un urologue, d’un infectiologue, d’un gynécologue, d’un radiologue…(6).
L’avis du gynécologue après la ménopause
La ménopause favorise la survenue de cystites récidivantes. L’intérêt d’une application locale d’œstrogènes peut être discuté avec le gynécologue pour restaurer l’écologie microbienne et prévenir les récidives(2,4).

Que puis-je faire moi-même pour prévenir les récidives ?

Des mesures d’hygiène de vie et quelques bons réflexes sont souvent d’une grande aide pour venir à bout des récidives :
Augmenter le volume urinaire et lutter contre la constipation
Le premier réflexe est d’augmenter la production d’urine en buvant au moins 1,5 litre d’eau par jour. Ainsi, en diluant les germes présents dans l’urine et en multipliant les mictions, les bactéries sont expulsées à l’extérieur de la vessie avant de pouvoir se multiplier. Il est également conseillé de ne pas se retenir et d’aller aux toilettes dès que le besoin se fait sentir, en étant attentif(ve) à vider totalement la vessie lors de la miction. Par ailleurs, l’intestin étant un réservoir bactérien, il est important de régulariser le transit intestinal le cas échéant(2,4,7).
Penser à uriner après les rapports sexuels
Les rapports sexuels sont un facteur favorisant les récidives car ils facilitent la remontée de bactéries par l’urètre. Si un rapprochement a pu être fait entre relations sexuelles et cystite, il est conseillé d’uriner après chaque rapport et d’éviter les spermicides(4,7).
Les bons réflexes lors du passage aux toilettes
Les bactéries responsables de l’infection provenant généralement du rectum (partie du gros intestin située juste au-dessus de l’anus), il est important de respecter un sens d’essuyage de l’avant vers l’arrière (et non l’inverse) de façon à ne pas ramener de bactéries vers l’orifice de l’urètre(4,7).
De bonnes habitudes à cultiver
Il est préférable d’éviter les produits d’hygiène intime parfumés ou les bains moussants, ou encore de porter des pantalons moulants. Privilégier au contraire le port de vêtements plus amples et en coton(7).
Des gestes à proscrire
Les douches vaginales doivent être évitées car elles peuvent déstabiliser la flore locale qui constitue un rempart naturel contre les bactéries d’origine fécale(4,7).
Des cures de canneberge pour prévenir les récidives
Les vertus de la canneberge sont connues depuis longtemps pour soigner les gênes urinaires et l’efficacité de doses au moins égales à 36 mg par jour de proanthocyanidine (le principe actif de la canneberge) a été démontrée dans la prévention des récidives. La canneberge peut être prise en cure de 3 mois à 1 an, à raison de 2 prises par jour, le mieux étant toutefois de demander conseil au médecin ou au pharmacien(2,4,7).

Références bibliographiques
1- Cystite : symptômes et causes. Ameli.fr, site Internet de l’Assurance maladie, 13 novembre 2019, consulté le 7 mai 2020 [En ligne] https://www.ameli.fr/pyrenees-orientales/assure/sante/themes/cystite/reconnaitre-cystite
2- Cystite aiguë simple, à risque de complication ou récidivante, de la femme. Haute Autorité de Santé (HAS). Fiche Mémo, juillet 2021.  consulté le 11 mars 2024 [En ligne] https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-08/fiche_memo_cystite_durees_antibiotherapies_.pdf
3- Le diagnostic, le traitement et l’évolution de la cystite. Ameli.fr, site Internet de l’Assurance maladie, 13 novembre 2019.  consulté le 7 mai 2020[En ligne] https://www.ameli.fr/pyrenees-orientales/assure/sante/themes/cystite/diagnostic-traitement-evolution
4- Cystite récidivante. Hoznek A, Service d’urologie, CHU Henri Mondor. 12 février 2016. consulté le 7 mai 2020 [En ligne] http://urologie-chu-mondor.aphp.fr/_poles_cliniques/cystite%20recidivante.htm
5- Hooton TM, Scholes D, Hughes JP, et al. A prospective study of risk factors for symptomatic urinary tract infection in young women. N Engl J Med.1996;335(7):468-74.
6- Diagnostic et antibiothérapie des infections urinaires communautaires. Mise au point. Société de Pathologie infectieuse de langue française (SPILF), 2015. consulté le 7 mai 2020 [En ligne] https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/recos/infections-urinaires-spilf.pdf
7- Prévenir l’infection urinaire et les récidives de cystite. Ameli.fr, site Internet de l’Assurance maladie, 13 novembre 2019. consulté le 7 mai 2020 [En ligne] https://www.ameli.fr/pyrenees-orientales/assure/sante/themes/cystite/prevention-recidives

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